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Nécrologie: Dr Moussa Diallo rend un vibrant hommage à Ismaëla, rappelé à Dieu très jeune.

Hommage au frère et confident Ismaila parti sur la pointe des pieds à la fleur de l’âge !

Notre jeune-frère et confident Ismaila effectua en notre compagnie pour la dernière fois sur cette vallée   des larmes le trajet Dakar-Tambacounda pour reposer en paix auprès de ses géniteurs arrachés à leur affection alors qu’il venait à peine d’arriver au monde.  Je me rappelle ce jour noir. Oui, je me rappelle ce jour où nous sommes séparés à jamais!  Ce jour-là vers 11heure nous effectuons ensemble notre dernier voyage. Un voyage particulier. Rien à voir avec les précédents. Un trajet Dakar- Tambacounda sans les blagues, les petites histoires drôles, les rires habituels. Tous ont disparu. C’était un voyage à la fois avec toi et sans toi. Enveloppé dans un cercueil, nous t’accompagnions à ta dernière maison.

Mon frère Ismaela, j’aimerai, à l’occasion de ce 18 novembre, jour de l’anniversaire de ta triste disparition, te rendre un hommage hautement mérité. Cet hommage a d’autant plus d’importance pour moi que notre toute dernière conversation data justement le un mois avant ton départ. Ce long entretien aux allures de rétrospective qu’on avait eu au téléphone n’a revêtu tout son sens qu’à l’annonce de la terrible nouvelle de son départ de ce bas-monde insignifiant à ses yeux.                                                                           En recevant cette information qui fût en réalité un coup de massue; je n’ai pas eu le courage et la force de me retenir de verser des larmes. Assis au milieu d’un beau monde, le calme olympien qui faisait sa force légendaire me manqua pour faire face à la triste réalité. Cependant, je compris très vite qu’il fallait se ressaisir et que rien d’autres n’était plus « indiqué et bénéfique » en ces circonstances que le retour vers Allah Le très Haut conformément aux enseignements du noble messager Mohamed BSDL.                      De ce pas, je m’écartai légèrement de la foule pour invoquer abondamment Le Tout miséricordieux de lui pardonner ses erreurs ou manquements et de lui faire miséricorde tout en le réservant le plus céleste de Ses Paradis à titre de demeure éternelle. Totalement surpris, cher ami je n’ai pas eu la possibilité de te demander pardon, néanmoins j’ose espérer que tu m’auras pardonné. Malgré ce départ si brutal                      et inattendu, tu resteras à jamais gravé indélébilement dans nos esprits tel deux atomes crochus.                          « Les morts ne sont pas morts » disait Birago DIOP, écrivain et poète sénégalais. Dans ce même ordre d’idées, le glorieux Coran nous enseigne une des dimensions de la mort: « Ne pensez pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d’Allah, soient morts. Au contraire, ils sont vivants, auprès de leur Seigneur, bien pourvus » Sourate3, Signe169. Personnellement, je reste intimement convaincu que la mort en réalité n’existe pas ; elle représente l’aboutissement d’un processus d’intégration de l’âme par lequel celui atteint l’autre Monde afin de poursuivre son existence éternelle. Ton séjour a été si éphémère dans                              cette vie mais pleinement rempli de leçons pour nous qui en sommes encore locataires.                                                      D’un engagement exacerbé et d’un degré élevé de militance sur la droiture et la recherche du savoir au sens large du vocable, tu séduisais plus d’un. Excellence Papa Omar NDIAYE, fondateur de Darousounna (lieu où nous apprenions ensemble la science islamique chaque vendredi soir en compagnie de Ismaila qui était par ailleurs trésorier et serviteur de café et beignets) lui témoigna affectueusement ce qui suit: « Ismaila était un jeune homme vertueux, serviable et d’une rare modestie. Il passait toujours inaperçu ». L’illustre Imam NDAO, fierté nationale qui effectua la prière mortuaire témoigna qu’il fut « un jeune-homme modèle de droiture et de piété pour toute une communauté ».                                           Accompagné de ses collègues et étudiants, le Pr Babacar SENE de la FASEG de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar qui fut son directeur de thèse doctorale du troisième cycle qu’il a soutenue avec mention honorable du Jury dix mois avant son départ à l’âge de 33 ans, affirma que: «Ismaïla fut l’un de mes meilleurs étudiants. Il était rigoureux, travailleur et sérieux ». Pr Ibrahima DIALLO, encadreur sur sa thèse n’en dira pas moins et a tenu à faire le trajet Dakar-Tambacounda pour accompagner pour la dernière fois son étudiant « correct et ponctuel ».  Abdou Salam, frère de sang répéta sans cesse pendant que tu luttais contre la grande faucheuse sur le lit de l’hôpital: « la meilleure personne de la famille est entrain de partir ; Ismaila s’enfonce de jour en jour ». Cette phrase lourde de sens, retentit toujours du fin fond des entrailles de mon entendement à chaque fois que je retourne dans les lieux où il était hospitalisé. Salif, un autre grand frère, Amadou Korka, Binta , Idrissa, Abdurahmane, ses amis etc lui témoignèrent tendrement « amitié, honnêteté, simplicité et engagement pour la cause islamique et humaine ». Qu’il me soit permis à mon tour de dire que tu fus un jeune-homme généreux, d’un raffinement singulier et d’un charisme frappant et dont la passion pour l’Islam était terriblement manifeste. Ta lecture du Noble Coran à l’aurore d’une voix mélodieuse en sirotant ton verre de café qui embaumait l’air dans la maison raisonnera éternellement dans mes oreilles et mon esprit. A l’image de tes amis, parents et collègues, la porte du Ciel qui servait de passage de la montée de tes œuvres vers l’Eternel aura pleurer en ce jour du 18 Novembre 2020. Au cours de nos discussions ta sagesse et la clarté de tes propos me permettaient de saisir aisément la quintessence sur les divers sujets que nous traitions nuitamment, en allant accomplir les prières canoniques à la mosquée ou simplement autour du thé. C’est pendant ses occasions que j’ai compris que: « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années », disait le poète et dramaturge français Pierre Corneille. Mesurant parfaitement le périmètre des responsabilités, tel un goal keeper, tu as su mériter unanimement la confiance de tout ton entourage pour gérer la trésorerie de toutes les organisations dont tu étais membre. Je me suffirai de citer juste quatre structures en guise d’exemple : Darousouna, IRDAF, Nofooré Jamaa, Entreprise Famille.
En ce triste jour, Tambacounda, ta famille biologique et professionnelle, la communauté des sciences économiques et de gestion pleurent et peinent à se relever de la secousse. J’exprime toute ma compassion attristée à toutes celles, tous ceux, parents, amis et connaissances qui t’ont apprécié et aimé.                               Un digne fils du Sénégal, un jeune homme social hors-pair, travailleur discipliné et rigoureux, modèle affranchi d’éducation, pieux, respectueux et d’une rare humilité est parti à jamais.                                                 Que la paix soit sur toi et sur tous les morts. Qu’Allah Exalté soit-Il vous gratifie de son immense Clémence, sous peu nous vous rejoindrons Incha Allah. En tout cas tes collègues, tes amis,                                    tes frères et sœurs de confession, ta famille de cœur, garderont intact le souvenir                                                    de la disponibilité, de l’hospitalité légendaire et du grand respect dont tu faisais montre.  
À tous points de vue, tu fus bon, doux, compréhensible et aimable. Ta forte personnalité incarnait                       le bonheur, la vérité, la bravoure, la justice, la bonté et la beauté. Puisse Le Seigneur des Mondes,                                      Le Maître des cieux et de la terre, Maitre des Univers, l’Infiniment Miséricordieux, Détenteur de toutes les grâces te couvrir de Sa miséricorde et te pardonner tes erreurs. Repose en paix petit frère.     

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