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Zoom sur Le Christ Aux Oliviers (un poème de Gérard Nerval)

Le Christ, comme on le sait tous, est le personnage le plus important de la bible et ce même Christ a inspiré de nombreux peintres artistes et poètes dont Gérard Nerval. Ce dernier a fait paraître le recueil Les chimères, d’où est tiré Le Christ aux oliviers, ce poème qui est soumis à notre réflexion.

C’est pour vous dire que la religion chrétienne est naturellement, tout particulièrement, exploitée dans la série composée de 5 sonnets « Le Christ aux Oliviers », écrits en 1841, publiés en 1844 et repris dans les petits châteaux de bohème en 1853, et dans les Chimères en 1854. Cependant, il faut souligner que dans Le Christ aux Oliviers se signale une véritable contre-évangile.

Ce qui fait que dans la dynamique d’une analyse critique du texte, nous allons d’abord voir, comment l’auteur des filles du feu s’est réapproprié d’un épisode des évangiles. Ensuite, nous essayerons en étudiant le poème, de soulever la souffrance, les visions hallucinées du Christ et le message qu’il apporte aux hommes. Et enfin nous vous dirons comment Nerval a réussi par légitimer sa poésie tout en détournant le cours de la pensée collective en sa faveur.

 

 

Nerval a, dès l’incipit de son poème, heurté la conscience du lecteur car il a mis sur scène un Christ annonçant aux disciples endormis une nouvelle tout à fait contraire à celle du récit évangélique : « Dieu n’est plus ». Et on est en cela vite attiré par le 2ème vers du 1er sonnet qui, il nous semble, ressemble aux fragments de lettres de Nerval à ses amis. On peut prendre en guise d’exemple la récente découverte de lettres de Nerval adressées à Victor de Loubens, un de ses amis d’enfance du temps de la bohême du Doyenné. C’est pour vous dire que Nerval, lorsque qu’il s’adresse à Loubens, c’est pour lui faire part de ses poésies qu’il a écrites dans un état qu’il qualifie lui-même de super naturaliste. « La plupart des idées qui m’assaillaient (…) ont emporté le peu de poésie qui s’était réveillé dans ma tête. Il faut dire que je parlais en vers toute la journée et que ces vers étaient très beaux », note-t-il pour son correspondant. Nerval d’ajouter : « Je vais vous écrire quelques sonnets que j’ai conservé, mais dont je ne me charge pas aujourd’hui de vous expliquer tout le sens ». Il faut cependant souligner que l’utilisation du mot sonnet est ici très intéressante, parce qu’elle caractérise les poèmes de ce temps et cela nous permet aussi de comprendre que ce genre poétique fut l’un des genres ou le seul que Nerval pratiqua durant toute cette période romantique et à laquelle il semble rester fidèle pour le reste. Nerval avait donc inscrit quatre sonnets dans la lettre à Loubens, dont les premières et quatrièmes parties de la version publiée du Christ aux oliviers, ce même poème qui est soumis à notre réflexion.

Cependant, même si l’exégèse ne faisait pas jusqu’à maintenant remonter à la période de la première crise de folie (1841) Le Christ aux Oliviers, la lettre à Loubens, elle, nous oblige de ranger le texte dans la même chronologie.

On peut, dès le début de notre réflexion dire que Nerval s’identifie au Christ, comme on le voit tout au long du poème. Il fait sienne cette lutte contre la mort. Mais que cherche le poète à travers cette démarche ? Veut-il se légitimer ou pas ? On ne peut affirmer cela pour le moment car l’œuvre du poète est complexe, parce qu’elle est contaminée une antithèse poétique qui tend vers une folie prophétique. Tout cela traduit l’état d’esprit du poète et sa complexité d’existence.

D’abord le titre qui renvoie à un épisode de la passion, la veille de la crucifixion du Christ et ici, on pense automatiquement au Christ qui part au jardin des Oliviers pour prier, mais se fait arrêter par des soldats romains car trahis par Judas.

Le premier vers (« Quand le signeur, levant au ciel ses maigres bras, »), nous prouve dès le début l’omniprésence de l’antithèse. Il y’a aussi la manière dont les images antithétiques se signalent déséquilibrements présentés, montrant le mental et l’esprit de Nerval. On peut, d’une part, faire ce même constat au niveau du deuxième sonnet renfermant une opposition de quatre éléments qui agissent en binôme : feu//eau ; terre//air. Nerval est du genre de poètes qui ont un langage typiquement métaphysique. Ce qui signifie que le choix de ces éléments de la nature n’est pas du tout fortuit. Le feu est, avant tout créateur. Il est ici représenté par les sables d’or du désert et par Phaéton. La terre, elle, est représentée par un sol stérile et est complètement dominée par le vent. Il y a aussi cette volonté d’annoncer plus de six fois le mot « monde », sans oublier l’arc-en-ciel dans le ciel sombre et sans étoiles.

Le poète était atteint de mélancolie quand il écrivait ces vers : « la dernière folie qui me restera probablement, ce sera de me croire poète ». Sa mélancolie était comme une réalité au-dessus du réel. Et tout laisse voir que cette même mélancolie a permis à Nerval de rendre sa poésie compréhensible, elle lui a aussi permis de nommer l’innommable. Cela peut donc nous pousser à dire qu’il était dans un « état de rêverie ».

Dans le Christ Aux Oliviers, on voit une sorte de paraphrase qui, tout à fait, tourne à la parodie. On y voit un contre-évangile et ce, à travers le groupe de mots « maigres bras » qui peut être considéré comme une préfiguration de la croix. Nerval joue avec les symboles religieux et les désacralise. Cette désacralisation est perçue par un appauvrissement des rimes nous offrant une forme de sonnet, en plus des coupes qui décomposent l’alexandrin classique (4/4/4, exemple : 1er vers). Et l’antithèse constatée avec les mots poètes/ bêtes et muettes/ prophètes peut nous vérifier les hypothèses, surtout quand on sait que le prophète est celui doué de parole dans la Bible. Mais l’auteur Des filles du feu ne compte pas s’arrêter ici car le rythme ternaire « Abîme ! Abîme ! Abîme ! », puis « Dieu n’existe pas ! », « Dieu n’est pas ! », ne sont qu’une façon lui permettant de rendre négative la Trinité Chrétienne, avec une insistance qu’on peut voir à travers l’utilisation abusive des points d’exclamation.

On peut donc déduire que la mort de Dieu est une révolution métaphysique et que le poète s’identifie à cette lutte contre la mort et essaye de se l’approprier. Ce qui normalement le plonge dans une mélancolie profonde.  On peut d’ailleurs le voir par l’interjection « Hélas ! », en tête du vers 14, qui brise le déroulement de la phrase et raisonne comme un cri de désespoir. Dans ses deux derniers vers, on trouve tout un champ lexical de la douleur et une reprise des termes déjà mentionnés dans les vers précédents : « Pleurer », « souffrir », « Je meurs », « Tout va mourir » …

Le mot « tout » fait donc un écho poignant et renvoie directement au vers 1 du sonnet 2 : « Tout est mort » …il s’agit ici d’un lent dépérissement, un glissement progressif, mais inéluctable dans la destruction.

On peut dire qu’il ne s’agit pas d’une sorte d’apocalypse, mais le Christ, incarné par Nerval lui-même est aux prises avec une expérience limitée. Dans sa quête infernale de Dieu ou d’un dieu, le Christ se signale dans un état de conscience désespérée et ce, à la finitude des choses et de l’univers. Par exemple, la décomposition du v4 redéfinit en quelque sort la direction sournoise du hasard, porteur de mort et de destruction. On peut y ajouter que le rythme hyper normal ou régulier du vers « O mon père ! / Est-ce toi / que je sens / en moi-même ? », (3,3,3,3), est un équilibre métrique qui exprime le sentiment d’une vague régulière de douleur, et ceci nous présente par ailleurs un Christ plongé dans la solitude et ne recevant aucune réponse.

La mort est presque présente dans chaque strophe : « monde mort » (v3), « monde qui meurt » (v8), « mort » (v10), « Celui qui donna l’âme aux enfants du limon », (dernier vers).

Nerval aussi dit dans le 3ème sonnet : « Es-tu sûr de transmettre une haleine immortelle, Entre un monde qui meurt et l’autre renaissant […] As-tu pouvoir de vivre et de vaincre la mort ? », c’est pour préciser que ces vers du 3ème sonnet se réfèrent à saturne (le temps qui passe et qui dévore tout ou le chaos qui donne naissance à l’ordre). En effet, la bile noire, la mélancolie, le désespoir sont les symboles de Saturne et le deuil, la révolte, la destruction, la résurrection et la renaissance spirituelle sont le mythe de Saturne : « Entre un monde qui meurt et l’autre renaissant ». Ce dernier vers ajouté de celui-ci « Et si ce n’est un dieu, il faut dire que c’est un démon » qui montre l’ambivalence qui existe dans la vie et l’existence du poète. On a un Nerval entre deux mondes ou existant dans deux mondes, un Nerval lucide et un qui est aliéné, un divin et l’autre qui est satanique. Il y a donc dans ses vers deux univers opposés destinés à s’entrechoquer, et au milieu un Nerval qui doit les unir par le biais de son pouvoir. Ce qui veut dire qu’il doit d’abord les détruire pour mettre en place une harmonie nouvelle (un seul monde), par la poésie et le pouvoir du verbe.

On voit toutefois un Nerval aliéné qui s’identifie au christ et en Dieu. Par ailleurs, on peut aussi ajouter qu’il veut nous dire qu’il n’est pas aliéné, il n’est pas différent, mais il est plutôt ou tout simplement unique. On peut, au vers 9, constaté que les termes renvoyés à Dieu sont stratégiquement placés : « Mon père » est sous l’accent métrique de même que « toi » qui est à l’hémistiche. Cet emploi de la 2ème personne du singulier n’est pas du tout fortuit car il est le reflet du lien de parenté qui prévaut entre les deux personnages. Et ce qui est plus étonnant c’est de voir Jésus se tourner vers Dieu, alors que dans le premier sonnet, il avait annoncé que « Dieu n’est pas ! », « Dieu n’est plus ! », (sonnet 1, vers 14). C’est pour dire que cette démarche ne peut être que le paroxysme du désespoir, puisque le Christ finira par s’adresser aux morts, et comme s’il veut encore dire que ses interrogations sur Dieu n’obtiendront pas de réponse. Là, le Christ n’a aucune certitude par rapport aux questions qu’il pose et se présente dans une quête existentielle et chrétienne : « Est-ce toi que je sens en moi ? », (v9).

Ainsi, si Dieu est vraiment mort, il est normal qu’il ne réponde pas. Jésus n’a donc d’autres choix qu’un pathétique monologue.

Il est cependant surprenant de voir que la périphrase du v12 renvoie à Satan : « De cet ange des nuits que frappa l’anathème ». Nerval a tenté à travers cette périphrase de poétiser le nom de Satan et cet « ange des nuits » renvoie directement au « soleil éteint » du vers 6. Il est aussi surprenant de voir que Nerval ne sait pas qu’il sait. On vous parle ici des deux tercets du 2ème sonnet qui fait directement allusion au trou noir. Pourtant les scientifiques de son époque n’avaient pas une idée sur l’existence de ce trou noir : « En cherchant l’œil de Dieu, je n’ai vu qu’une orbite, vaste, noir, et sans fond ; d’où la nuit qui l’habite ». Le poète ajoute dans le même sillage : « Spirale, engloutissant les Mondes et les Jours. » Ce dernier vers précise que le « trou noir » absorbe et engloutit tout ce qui se trouve autour de lui ; Nerval l’oppose à l’œil d’Horus, le dieu du soleil rayonnant et donne comme antithèse le tercet où est tiré ce vers, le premier quatrain du dernier sonnet :

Ce Phaéton perdu sous la foudre des dieux,

Ce bel Atys meurtri que Cybèle ranime !

 

Ces deux vers nous offre un genre de polarité féminin-masculin, et c’est ce même style d’écriture qui est fortement représenté dans le poème, et c’est une manière permettant au poète de contribuer à la création d’une ambiance de tension. Ce qui signifie qu’il faut forcément d’énormes efforts mentaux pour retrouver de l’équilibre. Mais l’absence presque totale de l’élément féminin peut être vue comme le vide jamais comblé qu’a provoqué la mort prématurée de sa mère.

La figure du père domine dans ces vers. Il y a aussi celle du fils et à travers cela, on sait bien qu’il s’identifie à elle. Cette figure du fils qui est soulevée à travers un « je » complexe, se présente sous plusieurs formes : le Christ qui « parcourt les mondes », qui se perd « dans les chemins lactés », qui « touche de son front la voûte éternelle » …ce même Christ « sanglant, brisé, souffrant » est « la victime ».

Il faut ainsi retenir que Nerval, en parlant du Christ, nous parle de lui-même, de son destin et que ce poète maudit n’est personne d’autre que lui-même. Sa poésie est une illumination car « Dieu est mort » symbolise une séparation avec tout, une indépendance spirituelle qui forcément mène l’être vers la réalisation complète de l’individu. Nerval semble nous dire que sa poésie, tout comme l’âme du Christ, illumine l’univers.

Les deux vers (« Quand le Seigneur, levant au ciel ses maigres bras », « Sous les arbres sacrés, comme font les poètes ») qui ouvre le poème se réfèrent aux oliviers et ces derniers, comme on le sait tous, renferment un symbole très fort qui les rend éternelles. Tout comme les deux mondes de Nerval, les oliviers (« les arbres sacrées ») ont pour symbole la pérennité et la réconciliation. Mais le poète, en évoquant ces deux mondes, nous montre encore à la dimension de sa folie. Il considère que le fou était la représentation du poète par excellence. Pour Nerval, la folie donne des pouvoirs particuliers et fait des prophètes. En plus, le fou est pour lui quelque chose de fascinant et de grandiose : « C’était bien lui, ce fou, cet insensé sublime… ».

Il faut toutefois dire que c’est cette même folie qui annonce la nouvelle (« Mes amis, savez-vous la nouvelle ? ») tout en transgressant l’interdit. Nerval dira : « la vérité fatale se dit sous un masque de folie ». Mais la nouvelle, est-ce la Bonne Nouvelle ? On peut ne pas répondre à cette question tout en osant dire que Nerval est entrain d’ériger une nouvelle religion : celle poétique. A travers l’heureuse nouvelle du Christ, Nerval apporte par extension son évangélisme, c’est-à-dire transgresser l’interdit. C’est comme s’il veut dire : je suis l’autre. Ce qui fait qu’il vit perpétuellement entre deux dimensions, entre deux instances, entre lucidité et folie.

Aux vers 11 et 12, on voit ouvertement cette transgression de l’interdit. Car on y trouve une suggestion pas du tout conforme aux évangiles. C’est comme s’ils (les v11, 12) laissent entendre que c’est peut-être Satan qui a tué Dieu et ceci peut être compris à travers les points de suspension qui ne sont qu’une interruption du discours sous l’effet de l’émotion, mais aussi l’absence de parole : une véritable contre-évangile.

Il faut toutefois retenir que Nerval veut, par le biais de ses vers, donné le réel au rêve et que quand le rêve devient réel, on est dans l’hallucination. Ça veut dire que le poète, en écrivant ce poème, qui est Le Christ Aux Oliviers, était dans un réellement du rêve : il était sérieux dans son imagination déréglée. Il faut, à cet effet, se rappeler que le poème a été écrit à l’asile et remonte à la crise de folie de 1841. Et c’est durant cette période que Nerval avait donné le poème pour la première fois, dans une lettre privée qui n’était pas destinée à être publier, et il disait qu’il l’avait écrit dans un état de rêverie supernaturaliste.

Il s’agit, dans Le Christ Aux Oliviers, de strates intertextuelles (texte palimpseste) abordées dans un style purement romantique. C’est pour vous dire qu’au romantisme, le plus ancien revient jusqu’au présent, à travers des relais, c’est-à-dire infinitiser. Il faut cependant dire que c’est presque le même style d’écriture et la même inspiration qui surgissent dans le Discours du Christ Mort, traduit par le français Madame Staël sous le nom : Un songe. On parle ici du romantisme frénétique, gothique et noir, parce que nous parlant des morts sortis de leurs tombes et disant : « Nous sommes revenus parce que nous n’avons plus de père ».

En lisant Jean-Paul, on constate qu’il y a une fidélité de Nerval à Jean-Paul, parce que toute citation n’est que recréation, réécriture. Donc Jésus à Gethsémani c’est la Bible, mais Discours du Christ mort est une réécriture. C’est comme si les romantiques disent : « imitons les anciens, mais en les réinventant en nous-mêmes ». Mais leur conception peut être perçue comme une angoisse de la fin du monde, comme on le voit dans l’écriture de Nerval (une angoisse cosmique). Le « je » de Nerval est à a fois lyrique et autobiographique, c’est-à-dire le « je » le plus incarné, le fait de revivre une personne en l’incarnant.

Cependant en lisant de façon plus approfondie Le Christ Aux Oliviers, on voit un Nerval qui est allé au-delà de ce qui est ordinaire car même la façon dont il a composé le poème est tout à fait mystique, voire surnaturelle. Le poète se conférait au Sphinx (dragon avec une tête de femme et un corps d’animal) pour construire son texte, c’est-à-dire façonner un texte à travers plusieurs textes différents.

On peut aussi voir cet effet par la mise en disposition d’une suite de sonnets reliés entre eux pour former un poème et ce, en mêlant le lyrique, l’épique et le dramatique. Ce qui fait qu’on voit dans le poème un « je », puis un « tu » et un « il », aucun genre ne domine à la fin. Le seul mot qui domine est le mystère qui est un genre théâtral médiéval. Mais ce mystère de Nerval est plutôt romantique. Le poète, en réinventant le théâtre du moyen-âge, veut le romantiser. Donc le romantisme c’est le « je crois que je sais », mais à la fin, je me retrouve avec x qui est l’inconnu. C’est aussi une pensée de l’interprétation infinie, d’où cette multiplication des points d’interrogation dans Le Christ Aux Oliviers.

 

On a ici un Christ romantique et une religion romantique. Nerval raconte la passion sans le dimanche-saint, la résurrection. C’est pour dire que la religion romantique est celle de la souffrance, une religion inquiète qui pousse le romantique à se poser des questions, tout en critiquant tous les dogmes. Il s’agit ici d’une religion particulièrement hétérodoxe, c’est-à-dire une sorte de synthèse du Christ et du paganisme, et l’exemple de ce vers « Ce bel Atys meurtri que Cybèle ranime ! », qui n’est rien d’autre qu’une piéta-païenne. Il s’y trouve un mélange du masculin et du féminin.

On peut donc, en guise de déduction, dire que les romantiques manifestent dans leurs écrits un écho de la démesure et une révolte contre Dieu.

 

 

 

Il y’a toujours un mystère dans les écrits de Nerval, et c’est la même démarche poétique qu’on constate dans son recueil de nouvelles en prose intitulé Les filles du feu, qui est publié sous le nom de : Les Chimères. Dans la mythologie grecque, parler des chimères, c’est évoquer un monstre à corps de chèvre, à tête de lion et à queue de dragon, crachant du feu et dévorant les hommes qui passent à sa portée.

Mais ce qu’il faut savoir c’est que cette forme d’inspiration de Nerval vient du romantisme dont Nerval, Nodier, Hugo, Vigny et Balzac sont les protecteurs. Notre poème, Le Christ aux oliviers, s’inscrit dans ce mouvement littéraire, et Nerval y laisse voir ou entendre la liberté des formes et l’expression du moi qui est ici perçue comme divisé et douloureux. Il n’est donc pas un hasard de voir dans cette œuvre de nombreuses figures mythologiques, mais aussi d’innombrables tristes allusions qui sont à la fois lugubres et mélancoliques.

On peut voir dans ce poème de Nerval le point de fuite de toute la révolution romantique, et spécialement du romantisme noir. Plus besoin de frénésie, de macabre, ni même de blasphème. L’on se pose en cela la question à savoir si le « délire » nervalien est autrement fatal, puisqu’il révèle que tout l’Occident est un délire ?

 

 

 

Badji Moustapha 

 

 

 

Moustapha Badji
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